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13 Reasons Why ~ Etude de cas

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13 Reasons Why ~ Etude de cas

Après avoir vu la saison finale de 13 Reasons Why, je me devais de faire un article à ce sujet. Je vais m’attarder ici sur les thématiques abordées dans la série, la montée en tension et l’organisation de l’intrigue, ou encore l’utilisation du double protagoniste. Il s’agit bien évidemment d’un avis subjectif et je serais curieuse de savoir si vous êtes d’accord ou non avec les éléments cités.

Thématiques fortes

Il y a une chose qu’on ne pourra pas reprocher à la série, c’est son côté engagé. Des thématiques fortes sont abordées au long des quatre saisons : le viol et la question du consentement, le harcèlement scolaire, le suicide, les armes ou encore la drogue. Mais cela en fait peut-être justement trop pour une seule et même histoire. Dans la saison 4, on nous fait suffisamment comprendre que la thématique centrale de la série est de « survivre au lycée ». On oublie parfois que le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les adolescents. Exposer les raisons qui ont poussé Hannah à en arriver à de telles extrémités était une bonne façon de faire prendre conscience de ce qu’il se passe dans la vie de certains lycéens. Néanmoins, à force de vouloir aborder autant de problématiques, la série a fini par se perdre et gâcher le message initial qu’elle a voulu faire passer. Je trouve cela dommage, car chacun de ces thèmes mérite effectivement d’être exploité, mais peut-être qu’il aurait été plus intéressant de faire des saisons « individuelles » (à la American Horror Story), plutôt qu’une suite qui perd son sens.
Ce conseil vise donc plus particulièrement les auteurs de saga : même si votre histoire évolue, essayez de rester fidèle à l’idée initiale que vous avez voulu transmettre plutôt que de vous perdre dans trop d’idées.

Montée en tension

Les saisons s’organisent généralement de cette façon : plus on avance dans l’intrigue, plus ils deviennent intenses, pesants et malaisants. Le réalisateur prend le parti pris de ne rien cacher, aussi bien en ce qui concerne le harcèlement, les viols, ou encore le suicide d’Hannah… C’est un pari risqué, mais qui fonctionne. Les scènes peuvent faire débat sur ce qu’il faut montrer ou non à l’écran, mais le but est justement de marquer les esprits et c’est réussi. Le réalisateur fait prendre conscience d’une réalité bien présente dans notre société qui n’est pas suffisamment mise en avant. Je pense que s’il avait choisi de ne pas choquer le public, on aurait beaucoup moins entendu parler de cette série.
Ce processus de montée en tension est intéressant à exploiter pour les auteurs, notamment pour les thrillers, là je dirais même que c’est obligatoire ! Quant aux descriptions, c’est à vous de choisir les scènes sur lesquelles vous souhaitez vous attarder. Pour donner un exemple dans une thématique similaire, vous n’obtiendrez pas le même effet si votre roman se termine net une fois que votre personnage s’est tiré une balle dans la tête, que si vous décrivez tout le processus de sa mort et ce qu’il ressent jusqu’à son dernier souffle. C’est à vous de savoir quel message vous souhaitez transmettre à travers vos scènes.

Organisation de l’intrigue

La série était, à la base, pensée en une seule saison et le titre « 13 Reasons Why » est une indication du nombre d’épisodes de la série. Un épisode correspond à une cassette où Hannah dénonce un coupable et une raison supplémentaire qui l’a poussé au suicide. On pourrait très bien penser l’écriture d’un livre de la même façon, comme si un chapitre correspondait à un épisode. Je trouve que cette méthode rend l’œuvre assez originale. On sait combien d’épisodes on va voir (ou de chapitres on va lire) puisque tout est dit dans le titre. On s’attend donc d’autant plus à cette montée en tension au fil de l’intrigue.

Double protagoniste

Restons focus sur la saison 1. L’écriture du scénario a été pensée de manière assez intelligente en racontant l’histoire d’Hannah à travers Clay. Elle est morte, donc à priori, elle ne devrait pas être la protagoniste puisque l’histoire se poursuit sans elle. Pourtant, Hannah est le fil rouge de l’intrigue. Ce sont ses cassettes que l’on écoute et c’est ce qu’elle dénonce qui va provoquer des réactions chez les autres personnages et auprès du spectateur. On sait que Clay est le protagoniste de la série, mais si on reste concentré sur la saison 1, on se rend compte que la véritable héroïne est Hannah. Chaque épisode nous permet de découvrir un nouveau moment de sa vie avant son suicide, de son combat et des raisons qui l’ont poussé à en arriver là. Clay ne fait que réagir à une histoire qui s’est déjà déroulée et finalement, le spectateur veut davantage savoir pourquoi Hannah ne s’en est pas sortie, plutôt que comment Clay va se débrouiller pour lui rendre justice.
En tant qu’auteur, je trouve que l’utilisation de double protagoniste peut vraiment apporter de la valeur à votre histoire, selon ce que vous voulez raconter. C’est un procédé que j’ai eu l’occasion d’exploiter dans l’exercice d’un long-métrage et cela a eu son effet. Évidemment, il ne faut pas non plus que cela sorte de nulle part, c’est à vous de laisser des indices et d’amener cette révélation au fil de l’intrigue. L’objectif final, c’est que le lecteur se dise que c’était évident que cet autre personnage était le véritable héros de votre histoire et qu’il aurait dû s’en rendre compte plus tôt. Il ne doit pas être surpris par votre choix, sinon l’effet est loupé.

/!\ Attention au travail de recherches !

Je ne vais pas réellement m’attarder sur ce débat, mais simplement donner un conseil à tous les auteurs : renseignez-vous avant d’écrire ! Quand on traite d’un sujet fort comme une maladie mentale ou physique, il faut en connaître le plus possible avant de se lancer dans la rédaction, sinon vous ne serez pas crédible. Internet est votre ami, vous pouvez trouver un tas d’informations sur tout ce que vous souhaitez, mais quand on traite de sujets aussi précis, n’hésitez pas à pousser davantage vos recherches. Écoutez des témoignages, posez des questions à des psychologues ou à des médecins, cela apportera de la qualité à vos écrits. Pour la saison 4 de la série, ça a été un gros loupé en termes de vraisemblance, aussi bien en ce qui concerne les visions de Jessica et de Clay, que pour le VIH développé chez Justin. Rien n’a été crédible ni amené de la bonne façon et c’est dommage, parce que ce sont des sujets qui auraient mérité un véritable traitement de fond.

Ce sera tout pour cette troisième étude de cas, n’hésitez pas à me laisser votre avis en commentaire et à vous abonner à mes réseaux sociaux pour vous tenir informé des prochains articles !
J’espère que cet article vous aura plu 😊

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